600 millions d’euros de cryptomonnaies dérobés : le pirate explique qu’il voulait seulement « s’amuser »

600 millions d'euros de cryptomonnaies dérobés : le pirate explique qu'il voulait seulement "s'amuser"

l’essentiel
Après avoir dérobé plus de 600 millions de dollars de cryptomonnaies à la société Poly Network, le hacker explique avoir vécu l’un des « meilleures moments de (sa) vie ». Ce jeudi 12 août, il a décidé de rendre plus de la moitié des jetons piratés.

Nouvel épisode dans la saga controversée des cryptomonnaies : un mystérieux pirate informatique a suscité la panique parmi les investisseurs en dérobant plus de 600 millions de dollars d’actifs… avant d’en rendre une partie. De quoi susciter des interrogations sur la sécurité de ce système de finance décentralisé.

La société spécialisée Poly Network avait annoncé mardi 10 août ce vol de plus de 600 millions de dollars en cryptomonnaies, le plus important jamais observé par le secteur. Mais coup de théâtre deux jours plus tard : jeudi 12 août, le pirate avait rendu à la surprise générale environ 338 millions de dollars. Dans les messages intégrés aux transactions, le voleur a insisté sur le fait qu’il était plein de bonnes intentions : « Je ne suis pas très intéressé par l’argent! », a-t-il écrit, assurant que restituer les fonds volés avait « toujours été le plan ».

« Pour être honnête, j’avais des ambitions un peu égoïstes, de faire quelque chose de marrant mais pas nuisible… puis j’ai réalisé que d’être un leader moral serait le piratage le plus cool que je pourrai jamais faire », déclare le hacker.

Détectives numériques

Détectives numériques

Est-ce la signature d’un pirate éthique, ou « white hat » (« chapeau blanc »)? Une pratique qui consiste, pour des entreprises ou institutions, à offrir des récompenses à ces hackers éthiques pour trouver les failles dans leurs systèmes et ensuite les renforcer. Car malgré leur volatilité et leurs inquiétudes concernant l’énorme gaspillage d’électricité qu’elles génèrent, les crypto-actifs comme le Bitcoin et l’Ethereum ont gagné en popularité ces dernières années. Leur valeur marchande combinée s’élève actuellement à près de 2 000 milliards de dollars.

En outre, les transferts de crypto-actifs reposent sur une technologie : la « blockchain », qui a pour philosophie de se passer des intermédiaires comme les banques, les transactions se faisant directement d’utilisateur à utilisateur. L’affaire Poly Network est donc suivie de près par les acteurs de la finance décentralisée.

Selon Pawel Aleksander, un expert du suivi des cryptomonnaies volées, les voleurs essayent généralement de couvrir leurs traces en divisant l’argent et en le déplaçant « en utilisant parfois des centaines de milliers de transactions consécutives ». Alors que certains crypto-aficionados considèrent le hacker de Poly Network comme un héros, d’autres le soupçonnent d’avoir commencé à rendre l’argent uniquement parce que des détectives numériques étaient sur sa piste. SlowMist, une autre société d’enquête, a en effet affirmé avoir identifié certaines des informations personnelles du pirate, y compris son e-mail.

Activités criminelles « transnationales »

Activités criminelles "transnationales"

Malgré des vols spectaculaires comme celui ayant touché Poly Network, mais aussi les plates-formes d’échanges japonaises Mt. Gox en 2014 et Coincheck en 2018, les crimes liés aux cryptomonnaies sont à la baisse.

Un récent rapport publié par la société de sécurité CipherTrace a estimé les pertes mondiales liées à la crypto-criminalité à 1,9 milliard de dollars l’année dernière, contre 4,5 milliards de dollars en 2019. « L’imagination des fraudeurs de cette industrie est en constante évolution », souligne toutefois Syedur Rahman, un avocat britannique spécialisé dans les affaires impliquant des cryptomonnaies. 

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