Au Sri Lanka, la Banque Centrale invite les détenteurs de cryptomonnaies à assumer les risques liés à leur utilisation

Au Sri Lanka, la Banque Centrale invite les détenteurs de cryptomonnaies à assumer les risques liés à leur utilisation

ven 22 Oct 2021 ▪ 10h00 ▪

4
min de lecture – par
Luc Jose Adjinacou

Les commerçants sri lankais profitent de l’absence d’un cadre réglementaire autour des cryptomonnaies dans le pays pour les accepter comme moyen de paiement. Si la pratique n’a rien d’illégal vu le contexte juridique local, elle expose cependant la population à des cas de fraudes. Consciente de cette réalité, la Banque Centrale du pays invite chacun à assumer les risques qui sont liés à l’utilisation des cryptomonnaies dans les échanges commerciaux.

Aucun recours juridique possible en cas de conflits autour d’une transaction d’actifs numériques

Aucun recours juridique possible en cas de conflits autour d’une transaction d’actifs numériques

En avril dernier, la Banque Centrale du Sri Lanka mettait en garde la population contre les dangers auxquels elle s’exposait en détenant de la cryptomonnaie. L’institution s’opposait à leur utilisation en raison de la spéculation non contrôlée des marchés cryptographiques et des ramifications possibles avec des activités illicites. Elle avait mis l’accent sur la forte probabilité de voir émerger des cas de fraudes, mais aussi le financement du terrorisme. Ces deux points constituants des infractions des lois en vigueur dans le pays, la banque recommanda fortement à la population de s’abstenir d’effectuer des transactions à partir d’actifs cryptographiques.

Constatant que sa sensibilisation n’avait pas eu l’effet escompté, elle a décidé de mettre les utilisateurs des cryptomonnaies face à leurs responsabilités. « Notre politique sur les cryptomonnaies n’a pas changé. Nous sommes toujours sur la même politique. Si certaines sections mènent leurs affaires via la cryptomonnaie, elles doivent également prendre les risques qui y sont associés » a ainsi déclaré le Ajith Nivard Cabraal, le gouverneur de la Banque centrale. Son adjointe, Yvette Fernando, a tenu à rappeler aux détenteurs de cryptomonnaies qu’il n’y avait toujours pas de lois spécifiques régissant l’utilisation de ces actifs dans le pays. Ces derniers ne pourront donc lancer aucun recours juridique en cas de conflits impliquant ce type de transactions. 

Bientôt un cadre juridique autour des cryptomonnaies afin d’attirer les investisseurs

Bientôt un cadre juridique autour des cryptomonnaies afin d’attirer les investisseurs

Si le Sri Lanka n’a pas encore légalisé les cryptomonnaies sur son territoire à l’image du Salvador ou de l’Ukraine, la donne pourrait rapidement changer. En effet, un comité regroupant des professionnels des secteurs public et privé a vu le jour au début du mois pour débattre de la question. Il sera chargé de produire un rapport sur la nécessité de doter le pays d’un cadre juridique permettant aux entreprises de la cryptosphère d’investir légalement dans le pays. Avec la dernière sortie de la Banque Centrale, on devine facilement qu’elle n’est pas favorable à la réalisation d’un tel projet.

Le gouvernement et la Banque Centrale du Sri Lanka ne s’entendent pas encore sur la posture à adopter face aux cryptomonnaies même si tous les deux tiennent à imposer leurs règles à l’industrie cryptographique locale. Certains pays comme la Chine ont d’ores et déjà affirmé leur volonté d’interdire les cryptomonnaies en déclarant illégales toutes les transactions et activités en lien avec celles-ci.

Au Sri Lanka, la Banque Centrale invite les détenteurs de cryptomonnaies à assumer les risques liés à leur utilisation
4.9 (98%) 32 votes