CoronaCoin : une cryptomonnaie qui mise sur la propagation de la COVID-19 | Coronavirus : Ontario

CoronaCoin : une cryptomonnaie qui mise sur la propagation de la COVID-19 | Coronavirus : Ontario

Alors que les marchés boursiers mondiaux ont subi des pertes importantes en raison du COVID-19, une nouvelle crypto-monnaie, le CoronaCoin, est apparue. Cette dernière s’appuie sur la propagation du virus pour augmenter sa valeur.

Une initiative de mauvais goût, selon plusieurs internautes, frauduleuse selon les experts, mais défendue comme altruiste par ses instigateurs.

Le prix de CoronaCoin augmente par rapport au nombre de cas enregistrés dans le monde. La monnaie numérique est indexée sur la base des données de l’Organisation mondiale de la santé.

Toutes les 48 heures, la plateforme est mise à jour et le nombre total de jetons numériques en circulation diminue à mesure que de plus en plus de personnes contractent la maladie.

Au départ, 7 604 953 650 jetons étaient en circulation, soit le nombre de personnes sur Terre. Plus il y a de victimes, plus la valeur de la monnaie augmente.

Il y a environ sept développeurs participant à cette devise, principalement en Amérique du Nord et en Europe.

Il a été publié à la mi-février et a été révélé sur le forum Reddit.

De nombreux commentaires d’internautes ont dénoncé le côté inhumain et immoral de cette nouvelle crypto-monnaie, qui lui permet de s’enrichir par la pollution et les décès liés aux virus.

Le coronavirus menace la stabilité de l’économie mondiale.

Photo: Getty Images / istockphoto / ffikretow

Pete Weathers, responsable des relations publiques et du marketing de cette monnaie numérique, défend le projet.

Selon lui, cette devise a trois objectifs: sensibiliser, aider les efforts de secours par des dons et documenter avec précision la propagation du virus à travers une chaîne de blocs qui est une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle.

20% des jetons ont été réservés pour faire un don à la Croix-Rouge car elle accepte les crypto-monnaies et le premier don de 235 $ US lui a été transféré samedi, a-t-il déclaré.

Selon lui, il est difficile de connaître le nombre exact d’investisseurs, mais jusqu’à présent, 1438 portefeuilles numériques différents contenant des CoronaCoins ont été ouverts dans le monde.

Capture d’écran de la page CoronaCoin avec la description du site Web et le nombre de CoronaCoins « brûlés » jusqu’à présent.

Photo: capture d’écran de la page CoronaCoin

Ce n’est pas très différent des obligations pandémiques émises par les banques, défendant finalement Pete Weathers.

En 2016, la Banque mondiale a créé un mécanisme de financement d’urgence (PEF) […] destiné à se prémunir contre les pandémies meurtrières et basé notamment sur la création du premier marché de l’assurance contre les risques de pandémie.

Les investisseurs avec ces obligations pandémiques gagnent des intérêts et des primes annuelles élevés, mais en cas de crise sanitaire, ils doivent retourner leur investissement à un fonds spécifique de la Banque mondiale pour lutter contre la pandémie.

En cas d’épidémie, le PEF débloquera rapidement des fonds aux pays touchés et aux organisations internationales qualifiées. Il aura deux «fenêtres»: une fenêtre d’assurance et une fenêtre de liquidité complémentaire, selon le site Internet de la Banque mondiale.

Monnaie éphémère et opportuniste

Monnaie éphémère et opportuniste

Ce CoronaCoin rejoint également tout un panel de crypto-monnaies qui émergent de temps en temps, comme celles créées lors de l’élection présidentielle, par exemple.

Donald Trump, aux États-Unis, ou Emmanuel Macron, en France, ont leurs crypto-monnaies comme ça. Ceux-ci permettent à leurs acheteurs de parier sur un candidat dans l’espoir de gagner une grosse somme d’argent après le vote.

Jonathan Hamel, président et fondateur de la Bitcoin Academy.

Le fondateur de Bitcoin Academy et chercheur associé à l’Institut d’économie de Montréal, Jonathan Hamel, rappelle que la plupart des nouveaux problèmes de crypto-monnaie sont frauduleux.

Le contrat proposé pour cette crypto-monnaie, par exemple, ne comporte aucun mécanisme permettant de garantir que les fonds ne puissent disparaître à aucun moment et qu’il n’y ait aucun moyen de récupérer les fonds promis.

Il y a un problème fondamental qui est la centralisation, c’est donc forcément quelqu’un ou une organisation qui émet ces crypto-monnaies et sera donc soumis à une manipulation ou à une vente soudaine d’un montant substantiel des actions de la monnaie. s’effondrer soudainement, souligne.

Selon lui, ce type de crypto-monnaie tente de reproduire le succès que Bitcoin a connu il y a dix ans. Mais malgré la technologie, ce fut un succès unique. [C’est] un phénomène monétaire, économique et social impossible à reproduire jusqu’à présent, a-t-il déclaré.

D’un point de vue réglementaire, au Canada, le nouveau numéro d’une crypto-monnaie peut être considéré comme un titre. Une personne émettant une nouvelle monnaie numérique à partir de zéro pourrait être soumise aux lois sur le commerce des valeurs mobilières.

Hamel associe plutôt ce projet à une approche opportuniste qui profite d’un moment de panique. Si vous regardez de plus près, vous remarquerez que pour les créateurs du projet [l’objectif est] d’augmenter le Bitcoin, c’est un indicateur clair, dit-il.

Pete Weathers soutient qu’il s’agit d’un projet sérieux et qu’il voit déjà la suite de CoronaCoin, même si le coronavirus prend fin.

Je pense que nous garderons le nom, mais nous avons créé un jeu interactif lié à cela et nous réfléchissons déjà à d’autres utilisations du jeton, conclut-il.

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