It’s no longer a question of « if » but of « when » cryptomoney will be used by the general public, says Deutsche Bank.

It's no longer a question of "if" but of "when" cryptomoney will be used by the general public, says Deutsche Bank.

Par Marjorie Encelot |

investir.fr |
Le 19/02/21 à 10:18
| Mis à jour le 19/02/21 à 15:40@marjoriencelot

Even before Tesla gave Bitcoin another shot in the arm, Deutsche Bank was convinced in early February that cryptomoney was going to become widespread and a reality for the general public. With an advantage for central banks’ digital currencies, which use less energy and allow more transactions per second.

La crise comme accélérateur de tendance. A cause de la pandémie et des mesures inédites de confinement pour lutter contre le Covid-19, le déclin des paiements en cash s’en est trouvé précipité. Il a fait un saut quantique de quatre à cinq ans, estime Marion Laboure, stratégiste chez Deutsche Bank. « Les interrogations ont changé, le monde ne se demande plus si les monnaies numériques vont réussir mais comment et quand elles vont devenir une réalité pour le grand public », constate cette spécialiste des cryptomonnaies dans une étude d’une vingtaine de pages très bien documentée, fourmillant de chiffres mis en illustrations, qui commence par un citation de Milton Friedman : « La seule chose qui manque, mais qui sera bientôt développé, est une monnaie électronique fiable, une méthode par laquelle sur Internet vous pourrez transférer des fonds de A à B sans que A connaisse B ou que B connaisse A. » Ces propos, le Nobel d’économie les a tenus en 1999, dix ans avant la création du bitcoin.

La plus célèbre des cryptomonnaies, tout comme l’ethereum, le bitcoin cash ou le litecoin peuvent être stockées sur Paypal depuis la fin d’année dernière aux Etats-Unis, une fonctionnalité d’achats et ventes a aussi été ajoutée, avant une adoption plus complète attendue au premier semestre de cette année, quand Venmo, l’application de paiement mobile du géant américain, permettra de payer ses achats en cryptomonnaies. « C’est un grand pas pour [son] adoption car PayPal est l’un des plus grands fournisseurs de services de paiement au monde. Les services de PayPal sont utilisés par plus de trois cents millions de clients […]. Vingt-huit millions de magasins acceptent désormais PayPal comme méthode de paiement », explique Marion Laboure. Et quel pas de géant ce serait aussi si, comme il le souhaite, le géant des réseaux sociaux, Facebook, parvenait à lancer cette année sa monnaie numérique, rebaptisée « diem » en décembre. « Avec plus de 2,7 milliards d’utilisateurs (un tiers de la population mondiale), Facebook a maintenant le potentiel de concurrencer les plates-formes de paiement en ligne traditionnelles et faire progresser les monnaies numériques dans le courant dominant. »

86% of central banks are working on their own

L’année 2021 s’annonce comme une grande année pour les cryptomonnaies, et pas seulement parce que le bitcoin a franchi le seuil des 52.000 dollars, franchement bien aidé par Tesla qui a indiqué en avoir acheté pour 1,5 milliard de dollars et fait savoir qu’il « espér[ait] commencer à accepter le BTC comme forme de paiement pour nos produits dans un avenir proche.» Alors que les Bahamas ont déployé, en octobre, leur propre monnaie numérique de banque centrale, le sand dollar, d’autres banquiers centraux, dans d’autres pays vont « accélér[er] leurs recherches actuelles et lancer des pilotes », indique la stratégiste de chez Deutsche Bank, sachant que la Suède et la Chine ont déjà lancé le leur en début d’année dernière. « A la longue, les CBDCs [Central Bank Digital Currencies] remplaceront les cryptomonnaies privées et deviendront la norme. »

En début d’année, la Banque des règlements internationaux (BRI) a fait savoir que près de neuf banques centrales sur dix (86%) à travers le monde travaillaient actuellement à la mise en place de CBDCs. 14% d’entre elles mènent déjà des projets pilotes. Pour la BRI, au cours des trois prochaines années, des banques centrales représentant un cinquième de la population mondiale sont susceptibles d’émettre des monnaies numériques. L’an dernier, Jerome Powell, le patron de la Fed, la banque centrale américaine, avait reconnu que « libra a[vait] été un peu comme un signal d’alarme qui prévenait que cela arriv[ait] vite, et que cela pouvait arriver de façon plutôt généralisée et systématique. »

Le changement générationnel est un puissant moteur d’adoption. Plus d’un tiers des millennials pensent que les cryptomonnaies remplaceront bientôt l’argent liquide et les cartes de crédit/débit, rapporte Deutsche Bank qui a mené un sondage auprès de 3.700 personnes aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne a découvert qu’ils envisagent une monnaie purement numérique. « Ils envisagent une monnaie purement numérique », écrit Marion Laboure, là où « les personnes plus âgées en ont peur. Elles pensent que les cryptomonnaies créent des bulles financières et ils les considèrent comme des instruments financiers faiblement liquides. » Le bitcoin est trop volatil pour être considéré comme une réserve de valeur, prévient-elle également.

+ d’1/3 des Millenials pensent que les cryptos remplaceront bientôt le cash et les CB, sondage DB. Le chgt générationnel comme moteur d’adoption. 1/3 des 3700 pers interrogées n’a aucune idée de comment ça marche, surtt les +vieux. En Chine, 8% des 55+ en a déjà achetés ou vendus pic.twitter.com/MS2IcUcUv4

Au bout du compte, un tiers des personnes interrogées par Deutsche Bank n’ont aucune idée du fonctionnement des cryptomonnaies et 40% n’en ont qu’une compréhension partielle. 99% des plus de 55 ans interrogés par la banque, que ce soit au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne ou en France, n’ont jamais acheté ni vendu des bitcoins ou autres (100% aux Etats-Unis). Il n’y a qu’en Chine où, finalement, les seniors sont plus en avance qu’ailleurs (8% en ont déjà échangés).

300,000 versus 7 transactions per second

2020 a été « une année phare » pour le développement des cryptomonnaies. Selon Coinmap.org, il existe maintenant près de 15.000 points de vente dans le monde qui acceptent des paiements en bitcoins. C’est surtout le cas en Chine, en Russie et aux Etats-Unis où, paradoxalement, le taux d’adoption reste relativement faible encore. Mais de grandes multinationales made in USA ont commencé à accepter les cryptomonnaies, à l’instar de Microsoft, Starbucks, Expedia, AT&T ou Virgin Mobile. Acheter sur Amazon en bitcoins est également possible via Purse.io. « Un autre développement majeur est intervenu [l’an dernier] avec le Bureau du contrôleur de la monnaie américain (OCC) qui a déclaré en juillet 2020 que les banques nationales pouvaient fournir des solutions de dépôts pour les cryptomonnaies », ajoute Marion Laboure. Elle rappelle aussi que, en fin d’année dernière, la Bourse suisse (Six) a annoncé son intention de lancer un nouveau service qui permettra aux banques suisses, dès le premier trimestre de cette année, d’offrir à leurs clients un accès aux actifs numériques.

2021 sera « une année décisive pour les cryptoactifs », prédit la stratégiste. « Clairement, les régulateurs ont les cryptomonnaies dans leur agenda […]. Nous devrions raisonnablement nous attendre à ce qu’un certain nombre de règlementation soient adoptées d’ici à la fin de cette année. » C’est notamment le cas, en Europe, de la réglementation des marchés des actifs cryptés (MiCAR). Aux États-Unis, la nouvelle administration devrait unifier le cadre existant en l’enrichissant, aussi, de nouvelles normes qui garantiront la sécurité juridique.

Tout se met progressivement en place pour que les monnaies numériques soient utilisées à grande échelle, que la confiance s’installe parmi le grand public. Les banques centrales ont, ici, un grand rôle à jouer, d’autant que, contrairement au bitcoin, à l’ethereum ou au litecoin, les CBDCs permettent des centaines de milliers de transactions par seconde (300.000 pour la monnaie numérique de banque centrale de la Chine contre seulement 7 pour le bitcoin, 193 pour PayPal et 80.000 pour diem de Facebook qui fonctionne sur FastPay, sept fois plus rapide que le système Visa).

Marion Laboure note que, jusqu’ici, l’un des deux principaux obstacles à l’adoption généralisée des cryptomonnaies était le nombre de transactions « assez limité » qu’elles offraient, l’autre étant qu’elles sont trop énergivores. La quantité d’électricité requise pour les miner est tout bonnement « ahurissante », souligne la stratégiste de Deutsche Bank. Pas du tout « ecofriendly » à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est devenue une priorité. En 2018, le New York Times faisait remarquer que « l’énergie informatique nécessaire pour produire un jeton numérique équiv[alait] à la consommation d’électricité d’un ménage américain moyen pendant deux ans. » Marion Laboure explique que « le bitcoin consomme beaucoup d’énergie parce que les gens qui veulent une pièce doivent rivaliser pour l’obtenir en utilisant des opérations minières qui nécessitent d’énormes quantités de puissance de calcul. »

It’s no longer a question of « if » but of « when » cryptomoney will be used by the general public, says Deutsche Bank.
4.9 (98%) 32 votes