The heart of the success of cryptomoney and Bitcoin (BTC): capitalization through exchange

The heart of the success of cryptomoney and Bitcoin (BTC): capitalization through exchange

Le XXIe s’ouvre sur deux grandes crises économiques. En conséquence, les monnaies traditionnelles sont lourdement impactées par la dégradation monétaire continue. Dans le même temps, nous assistons à un phénomène de décentralisation (et de désinstitutionalisation) des moyens d’échange traditionnels. Dans ce paysage monétaire, les cryptomonnaies profitent de deux processus majeurs : le déclin des monnaies classiques et le phénomène de capitalisation par l’échange. Ce dernier phénomène conduit plus ou moins durablement à la hausse de la capitalisation globale de ces nouvelles monnaies.  

Economic and monetary balance threatens monetary stability

Economic and monetary balance threatens monetary stability

Depuis la manœuvre de Paul Volcker en 1981, nous vivons durablement dans des économies qui subissent : (1) une hausse de l’endettement et une baisse des taux directeurs et (2) une chute du taux de croissance et d’inflation. Ce processus économique a bien fonctionné jusqu’aux années 2000. Effectivement, l’éclatement de la bulle Internet et la chute prolongée de la croissance ont nécessité, à partir des années 2000, une hausse de la création monétaire. Il y a des périodes dans l’Histoire où un fort niveau d’endettement et une faible croissance nécessitent une dégradation monétaire.

En effet, augmenter le nombre d’unités monétaires en circulation implique la diminution de la valeur immédiate de la monnaie. Pour mesurer le nombre de fois où chaque unité de monnaie est utilisée en un an, on utilise un indicateur appelé vélocité.

La vélocité des États-Unis, mesurée sur ce graphique, a touché un pic à presque 2,2 à la fin des années 1990. Depuis 1997, la vélocité continue sa chute abyssale est n’est plus qu’à 1,175 début 2020, soit une chute de près de 50%. Dans le même temps, la masse monétaire est passée de 685,5 Mds $ en août 1971 à plus de 18 000 Mds $ début 2020, soit une masse monétaire (M2) multipliée par plus de 26. La courbe de la masse monétaire est quasiment exponentielle.

Explain the process of currency decline by velocity

Explain the process of currency decline by velocity

Les Banques centrales se sont mises à créer des quantités importantes de devises. Cette création monétaire a participé à augmenter les liquidités. Dans le même temps, comme ces liquidités étaient de moins en moins rémunérées (baisse massive des taux), les agents ont préféré garder ces milliards de dollars. En ne faisant pas circuler les devises créées, la vélocité s’est effondrée. Et ce depuis 20 ans. À cela, il faut ajouter la notion de risque.

En rachetant massivement des obligations, les Banques centrales ont fait monter le prix de nombreux actifs. Sur des produits comme les obligations, cela ne fait que perdurer un surendettement étatique et pousse les agents, pour le même rendement, à prendre deux fois plus de risques. Faible rémunération et prise de risque supplémentaire ont donc fait chuter la vélocité. Et comme la vélocité chute, les Banques centrales doivent créer encore plus de devises pour maintenir la croissance, ce qui aggrave la situation sur le risque et les liquidités, et ainsi de suite… Bref, là encore, le chat qui mord sa queue. C’est ce qui explique cette courbe quasi exponentielle de la masse monétaire.

On peut également mettre en avant le fait que l’abrutissement des politiques sur la consommation n’a été qu’un facteur d’inefficience pour la vélocité. La vélocité ne dépend pas uniquement de la consommation.

Il y a des périodes où la vélocité peut se faire principalement par l’épargne (et donc l’investissement) et des périodes où elle peut se faire plus par la consommation. En reniant l’épargne, en augmentant le risque de l’investissement, en créant une consommation secondaire, les politiques monétaires et fiscales ont été source d’inefficience sur la vélocité. Et pourtant la vélocité est le cœur du problème. – Partie extraite de « L’or et l’argent », (La trappe de la vélocité), Thomas Andrieu, JDHÉditions, 2020.

The risk of running away from the currency

The risk of running away from the currency

C’est un thème abordé dans mon livre sur l’or et l’argent (« L’or et l’argent : guide pour comprendre et investir », JDHÉditions, février 2020). Depuis la bulle internet, les Banques centrales sont face à un phénomène de trappe de la vélocité. Nous l’avons vu, la vélocité correspond au nombre de fois où une unité de monnaie est utilisée en un an.

Une chute prononcée de la vélocité a été notable avant et pendant chaque période de déclin de nombreuses puissances. Ce fut par exemple le cas sous la Grèce Antique, sous l’Empire romain (avec Maximus I par exemple), à Florence au milieu du XIVe siècle, sous Henri XVIII au milieu du XVIe siècle, etc. La liste des exemples historiques d’un phénomène de chute de la vélocité sont nombreux. Cela nous ramène à cette fameuse comparaison historique –que j’affectionne– entre les cryptomonnaies et les monnaies clandestines. Il n’est pas rare de voir l’apparition de nouvelles monnaies en périodes de chute de la vélocité. C’est une figure historique millénaire que nous reproduisons une fois de plus. Néanmoins, l’apparition de nouvelles monnaies se fait cette fois-ci dans une économie plus décentralisée et moins contraignante.

Keynes a mené une critique intéressante sur la vélocité dans sa théorie pour la préférence de liquidités. Pour lui, une baisse des taux d’intérêt provoque un attrait plus important pour les liquidités (des taux faibles incitent à garder ses économies), ce qui fait diminuer la vélocité. À l’inverse, une hausse du taux d’intérêt permettrait de faire augmenter la vélocité. James Tobin a également repris cette critique en ajoutant la notion de risque encouru par rapport aux rendements (taux). Cette approche de la vélocité nous permet de mieux comprendre ce qui se déroule et va probablement se dérouler.

Capitalization through exchange and monetary success .

Capitalization through exchange and monetary success .

On entend par « capitalisation par l’échange » le phénomène par lequel les paiements reçus en monnaie donnée sont gardés sur le compte, sans changement de devise. Dit autrement, capitaliser lors de l’échange revient (dans notre cas) à conserver durablement les paiements reçus en cryptomonnaies. Cette pratique est extrêmement répandue chez les utilisateurs de cryptomonnaies.

Le fait que des dizaines de millions d’utilisateurs reçoivent des paiements en cryptomonnaies sans les vendre par la suite provoque une hausse de la capitalisation globale des cryptomonnaies. Deux explications à cette capitalisation par l’échange peuvent être distinguées : (1) le rejet des monnaies traditionnelles et (2) l’espoir de gain. L’espoir de gain et l’indifférence monétaire incitent les agents à garder durablement les sommes obtenues en cryptomonnaies. Ce qui fait monter le prix et accentue le phénomène de capitalisation.  

Tant que le nombre d’utilisateurs de cryptomonnaies augmente, le phénomène de capitalisation par l’échange s’intensifie, et la capitalisation globale augmente inévitablement. Un atout de confiance dont ne disposent pas les monnaies classiques.

Righteous circle or vicious circle?

Righteous circle or vicious circle?

Dès lors, les cryptomonnaies apparaissent avec la même fonction que les Banques : permettre des échanges et, tant que le nombre d’utilisateurs augmente, fournir un « rendement » sur le capital détenu. On pourrait voir ce phénomène comme effet éviction des monnaies traditionnelles. Des quantités très importantes de monnaies sont converties durablement en cryptomonnaies par ce phénomène [voir mon article sur la capitalisation globale].

La question qui se pose est donc de savoir si ce phénomène de capitalisation par l’échange et un processus sain. Ainsi, le premier paramètre à considérer est que le phénomène de capitalisation par l’échange est un processus cyclique. La hausse du prix intensifie ce phénomène (tandis que la baisse du prix le limite). À cela, il faut ajouter le paramètre de la vélocité. Une chute de la vélocité traduit une défiance plus grande envers les monnaies classiques, ce qui favorise les cryptomonnaies (et l’or).

Le phénomène de capitalisation par l’échange comme substitut aux banques (grâce à la Blockchain) est le propre du génie de ces monnaies virtuelles.

En définitive, les monnaies traditionnelles sont confrontées à un risque de perte de confiance des agents. Ce qui se traduit essentiellement par la chute continue de la vélocité. Depuis 20 ans, la dynamique de la vélocité montre une dégradation monétaire durable voire dangereuse. Dans une certaine mesure, les banques centrales sont confrontées à une trappe de la vélocité. Ce qui résulte dans une défiance globale et croissance envers les monnaies classiques. Les cryptomonnaies bénéficient donc naturellement du contexte historique. Néanmoins, le cœur de leur succès s’explique en grande partie par le phénomène de capitalisation par l’échange. Ce phénomène auto-entretenu traduit une forte corrélation entre la hausse du nombre d’utilisateurs et la hausse globale de la capitalisation.

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